IMG_2839MADE IN PORNIC – C’est nouveau, c’est beau

ça bouge à Pornic ! On invente, on créé, on améliore… De la sculpture au Curé Nantais en passant par l’art de torréfier le café, petite revue de détail de tout ce que vous ne trouverez qu’ici. Ou presque.

Philippe Roy sculpte l’énergie du temps

Philippe Roy a posé ses valises. Dans le cas de ce sculpteur, ce n’est pas juste une formule. En s’ancrant dans le pays de Pornic, il est également libéré d’un poids. « En arrivant, je me suis dit que c’était ici que j’avais envie de construire. Je travaille le béton et quand on parle de «construire», le terme ne peut pas être plus adapté. Je n’ai plus peur de faire des choses monumentales et «lourdes». Ce n’est pas un souci, je n’ai plus besoin d’un baluchon. C’est le sentiment d’être qui me permet aujourd’hui de me lâcher, d’être serein », sourit-il. La preuve de cette évolution dans son travail, c’est la taille des sphères et des totems qu’il aime travailler. Les sphères qui faisaient au maximum 80 cm de diamètre flirtent allègrement aujourd’hui avec les 2,5 mètres. «J’ai le sentiment d’avoir fait des maquettes, presque du modélisme jusqu’à présent. Je vois mes sculptures grandir de jour en jour. J’aime les choses fortes, les sensations intenses, aller au bout des choses, les exploiter au maximum. C’est mon objectif en tant que sculpteur : transmettre cette force au public». C’est d’ailleurs cette notion non pas de force mais d’intensité qui domine le travail de Philippe Roy. Le métal inoxydable dialogue avec le béton. On pourrait y voir, au travers de l’utilisation de ces matières indestructibles, l’envie de durer, d’aller à la conquête de l’immortalité mais ce serait une erreur : le sculpteur s’attache d’avantage aux vibrations transmises. « Mon travail, je l’oriente vers l’énergie, pas sur la notion de durée. Je veux qu’en touchant mes sculptures on est la sensation de récupérer l’énergie du temps. » Ce travail monumental va prendre toute sa dimension dans le parc du Château de la Gressière où il sera exposé jusqu’au mois d’octobre.

Article du Magazine Urbanne N°7 – Printemps 2015